Un cambriolage peut provoquer un vrai choc psychologique, surtout chez les enfants

Victime de cambriolage

L'année dernière, près de 400 000 logements ont été cambriolés en France. Quelles en sont les conséquences pour les victimes et comment réagir ? L'association Paris Aide aux Victimes (PAV), qui assure écoute, information sur les droits et soutien psychologique à ces dernières, nous répond.

Un cambriolage peut-il créer un traumatisme psychologique ?

Paris Aide aux Victimes : Oui, et plus particulièrement dans les cas où les victimes ont été directement confrontées au voleur qui s'est introduit chez elles. Dans ce cas, c'est une agression à proprement parler et les victimes sont souvent amenées à consulter un médecin.
En revanche, lors d'un cambriolage où les occupants sont absents, la situation est rarement traumatisante, mais peut tout de même créer un choc psychologique. Une réaction qu'il faudra prendre en compte.

Découvrez la protection Securitas Direct 24h/24

Nos experts sécurité vous accompagnent dans la protection sur mesure de votre foyer.

Quel est le ressenti des victimes après un cambriolage ?

PAV : Beaucoup parlent d'un sentiment d'intrusion dans leur vie privée, une sorte de "viol" de leur intimité. C'est une situation très difficile à vivre pour une immense majorité des victimes. D'autant plus lorsqu'elles se sont fait dérober des objets à haute valeur sentimentale.

Pourquoi ?
PAV : La disparition d'objets sentimentaux crée une grande tristesse car ils ne pourront jamais être remplacés. Or, ils sont généralement associés à des souvenirs, à des personnes aimées.
Et évidemment, cela n'a pas de prix.

Comment se manifeste le choc psychologique ?

PAV : Après un cambriolage, la grande majorité des victimes éprouvent d'abord de la tristesse, puis vient ensuite la colère. Il faut plusieurs jours, voire plusieurs semaines dans certains cas, pour que les victimes arrivent à se dire que finalement, ce n'est qu'une perte matérielle, un aléa de la vie.

Pour qui le traumatisme d'un cambriolage est-il le plus fort ?

PAV : Les enfants. Plus sensibles, moins "armés" psychologiquement que leurs parents, ils vivent beaucoup moins bien la situation. Surtout si leur chambre a été visitée.
D'ailleurs, nous recommandons aux parents, dans la mesure du possible, de la réaménager au plus vite afin que l'enfant puisse se la réapproprier. À défaut, il risque de ne plus s'y sentir en sécurité et d'avoir énormément de mal à y dormir.

En outre, contrairement aux idées reçues, les femmes ne sont pas plus touchées que les hommes par un cambriolage. Elles verbalisent par contre davantage.

Comment faire pour guérir d'un tel traumatisme ?

PAV : En cas de confrontation directe avec le voleur, un suivi psychologique est souvent nécessaire. S'il n'y a pas eu de contact, le choc passe... plus ou moins rapidement.
Très peu de victimes de cambriolages non violents font appel à des associations de victimes. Mais le plus simple reste de sécuriser sa maison pour recréer le cocon qu'elle était.

Le saviez-vous ?

Selon l'ONDRP, 43% des victimes d'un cambriolage sont avant tout préoccupées par la perte d'objets à caractère sentimental, et seulement 17% par le vol d'objets de valeur.

N'hésitez pas à consulter notre dossier spécial conseil pour éviter les cambriolages avant un départ en vacances.